Accueil Sans-frais: 1-866-APPELLE (277-3553)

1-866-APPELLE (277-3553)

Besoin d'aide? Pour vous? Pour un proche? Composez ce numéro.

1-866-APPELLE (277-3553)

 

LE DEUIL

La perte d'un être cher nous touche au plus profond de nous-mêmes et déclenche un processus, communément appelé "deuil". Qu'est-ce que ce processus au juste? Quelles en sont les manifestations et les conséquences?


Le deuil est un processus universel. Il est associé à un ensemble de réactions physiques, psychologiques, affectives et comportementales. Il est dynamique; ses phases s'entremêlent et se confondent parfois. En effet, les personnes endeuillées ne passent pas nécessairement par toutes les étapes. La transition d'une phase à l'autre n'est pas toujours perceptible et il n'est pas impossible de régresser à des phases antérieures. Il n'est pas unique et chaque individu vit son deuil à sa manière. Il se peut donc que des personnes affectées par une même mort vient le processus différemment. Le processus du deuil peut toutefois se diviser en quatre grandes phases :

 

Engourdissement et déni

La première phase du deuil est marquée par le déni de la perte. Ayant de la difficulté à assimiler la réalité ainsi que la raison du décès, le déni s'avère être un mécanisme de protection permettant à l'individu l'absorption et l'intégration progressive la perte comme un fait réel. Généralement, le déni total est bref : quelques heures à quelques jours. Il est rapidement remplacé (dans les deuils suite à un suicide) par un déni partiel et temporaire (quelques semaines ou parfois quelques mois).

La négation peut prendre plusieurs formes :

  • Négation de la perte survenue;
  • Oublis sélectifs de souvenirs ou de propos significatifs reliés à la perte;
  • Momification (conserver les choses intactes comme si la personne n'était pas décédée);
  • Négation du sens de la perte (minimiser ce qui arrive);
  • Dépréciation ("Ce n'est pas grave, je ne m'entendais plus très bien avec le défunt");
  • Idéalisation de la perte (le rendre noble).

Le choc émotif initial est souvent plus grand au niveau du deuil par suicide, en raison des circonstances entourant le décès.

La phase d'engourdissement et de déni peut être caractérisée par :

  • L'absence de réaction (engourdissement émotif) ou le fonctionnement automatique;
  • Une manifestation d'alarme : gémissements, hyperactivité, cris;
  • Un sentiment d'incrédulité;
  • Une possibilité d'idéalisation du suicide, en le transformant en un geste noble ou idéologique;
  • Une possibilité de dépréciation du défunt afin de minimiser la perte.
 

Protestation

La phase de protestation se caractérise par deux éléments. Le premier est lié à l'émergence des émotions : la négation se transforme en douleur, détresse, dépression et réminiscences de la personne décédée. Ceci se manifeste souvent sous forme de nombreux symptômes physiques et psychologiques intenses : tristesse, colère, honte, impuissance, culpabilité, recherche d'un coupable, incompréhension, hallucinations, insomnie, etc. L'intensité des émotions est en grande partie liée aux sentiments d'implication et de responsabilité que la personne s'attribue quant à la décision du défunt de mettre fin à ses jours.

Le deuxième élément est lié à un questionnement sur le sens de la perte. Avec l'émergence graduelle de la réalité de la perte, la personne endeuillée cherche à comprendre et à donner un sens à celle-ci : " Pourquoi cela m'arrive-t-il? ". La personne aura donc pour tâche tout au long de son deuil, de tenter de trouver un sens à la perte qu'elle vit.

L'endeuillé cherche à comprendre (le fameux POURQUOI) et à donner obstinément un sens au suicide (décès dit volontaire). Il effectue un examen scrupuleux de l'ensemble de sa relation sociale avec le suicidé afin de se détacher de l'intolérable idée lui attribuant la responsabilité du suicide.

Désorganisation

La phase de désorganisation émerge progressivement lorsque la personne prend contact de façon permanente avec la réalité du suicide. Ces tentatives pour retrouver le défunt mènent à des échecs incessants. Des sentiments de colère, de rage, d'anxiété et de peur sont ressentis par la personne. L'endeuillé reconnaît le caractère définitif de la perte, sans toutefois pouvoir l'accepter. La douleur et le désespoir qui en résultent entraînent la personne à vivre une désorganisation au niveau de sa personnalité et de son univers complet. Le désespoir prend le sens d'une profonde crise existentielle. Lors de cette phase, même si les personnes avancent dans leur deuil, elles ont habituellement l'impression de régresser car les émotions sont particulièrement intenses.

On remarque chez la personne une remise en question de ses relations avec autrui, ainsi qu'avec elle-même. La remise en question est généralement totale et amène une redéfinition de sa personne selon de nouvelles valeurs, de nouveaux buts, objectifs et idéaux ainsi qu'une nouvelle priorité de vie. Cependant, la redéfinition de soi passe souvent par une baisse de l'estime de soi, des autoaccusations et des idéations suicidaires. Il y a vulnérabilité à utiliser l'option suicide afin d'apaiser ses souffrances ou pour régler ses problèmes.

Réorganisation

La dernière phase du processus du deuil est celle où l'acceptation de la perte se fait graduellement. L'endeuillé sent l'intensité de sa douleur s'amoindrir. Les souvenirs sont moins fréquents et moins pénibles. La personne retrouve de l'intérêt pour le monde extérieur et recommence à investir dans de nouvelles relations ou projets.

Vivre avec le suicide de l'être cher devient possible. Il y a une restructuration de sa vie sans le défunt. La personne restitue le défunt dans un contexte donné et réapprend à vivre avec cette réalité.

L'endeuillé se redéfinit en tant que personne et rétablit ses valeurs et ses désirs... Il commence à être capable de bien fonctionner et de reprendre plaisir à la vie. Toutefois, il peut être méfiant à s'investir dans de nouvelles relations.